Migration de VMware vers Proxmox expliquée

Suite aux récentes modifications des licences par Broadcom, de nombreuses entreprises se tournent vers des solutions alternatives. Proxmox VE Server se positionne comme un acteur important dans le domaine des « alternatives à VMware ». Cette solution est à la fois libre et open source, avec une option de support payant. Elle propose un clustering intégré, des migrations en direct (Live Migration), un stockage défini par logiciel via Ceph, ainsi qu’une communauté active qui facilite l’échange d’expériences et de savoirs.

La transition de VMware vers Proxmox n’est pas une démarche facile et nécessite une planification méticuleuse. Analysons ensemble les phases de cette migration afin d’obtenir une compréhension claire du processus et des écueils à éviter.

Pourquoi envisager Proxmox ?

Proxmox propose un éventail de fonctionnalités avancées, surtout pour un hyperviseur open source. Son interface utilisateur est conçue de manière intuitive, permettant aux administrateurs familiers avec VMware vSphere de s’y adapter sans difficulté.

Il offre également diverses fonctionnalités de niveau professionnel, telles que la migration en temps réel, le stockage défini par logiciel via Ceph HCI, le clustering à haute disponibilité et une solution de sauvegarde intégrée sans frais additionnels grâce à Proxmox Backup Server (PBS). Ainsi, pour les entreprises confrontées à une augmentation des coûts de 2 à 5 fois avec VMware vSphere, la transition vers Proxmox peut engendrer des économies significatives sur les licences, tout en préservant un grand nombre des fonctionnalités disponibles sur vSphere.

Ce que cet article abordera :

Migration de VMware vers Proxmox : Étapes de planification essentielles, identification des parties prenantes, gestion des dépendances réseau et système d’exploitation, et utilisation de l’outil de migration de Proxmox.
Préparation et migration pilote : Choix et conversion des machines virtuelles liées à une application, désinstallation des outils VMware, essais sur Proxmox et analyse des performances.
Migration massive à grande échelle : Automatisation du transfert des machines virtuelles, supervision d’un cluster Proxmox, et évaluation de la fiabilité de la plateforme.
Sauvegardes et formation : Révision des stratégies de sauvegarde et de récupération après sinistre avec la solution Hornetsecurity VM Backup (y compris la sauvegarde immuable dans le cloud), ainsi que des ressources de formation destinées aux administrateurs.
Support et maintenance : Options de support commercial dans un cadre libre et ouvert.

Comment migrer de VMware vers Proxmox
Migrer de VMware vers Proxmox demande une préparation structurée : il ne s’agit pas de basculer un simple interrupteur, mais de planifier précisément l’inventaire, le réseau, le stockage et les dépendances applicatives pour limiter les risques et les indisponibilités.

Planifier le projet de migration

Toute migration entre plateformes requiert bien plus qu’un simple basculement technique.

Vous devez définir clairement le périmètre du projet, les technologies utilisées, ainsi que les contraintes de compatibilité systèmes, de réseau, de stockage et de fenêtres d’indisponibilité. Assurez-vous également d’impliquer l’ensemble des parties prenantes afin que la configuration du stockage, la segmentation réseau (VLAN compris), la reprise après sinistre, la sécurité et la supervision soient correctement prises en compte. Dans une petite ou moyenne structure, un seul administrateur système peut porter l’ensemble de ces sujets, alors que dans une grande organisation plusieurs équipes spécialisées seront nécessaires.

Systèmes invités et prérequis

Avant de lancer la migration de vos machines virtuelles depuis VMware vSphere, documentez précisément chaque VM : système d’exploitation, version, ressources et configuration. Vérifiez que les systèmes invités actuellement exécutés sur VMware sont compatibles et correctement pris en charge par la pile QEMU/KVM de Proxmox. Il est important également de décider à quel moment désinstaller VMware Tools, cette étape faisant partie intégrante du plan de migration. Dans la plupart des cas, désinstaller VMware Tools directement depuis l’OS invité avant la migration sera la solution la plus simple, même s’il reste possible de faire ce nettoyage après coup via des scripts (par exemple PowerShell) au prix d’une opération plus lourde.

Préparation du réseau

Avant la bascule, cartographiez vos commutateurs distribués ou standard vSphere, ainsi que leurs groupes de ports, puis établissez les correspondances avec les ponts Linux Proxmox (vmbr0, vmbr1, etc.). Cette préparation vous permet de garantir que chaque réseau VMware trouve son équivalent dans la configuration Proxmox. Vous devez aussi valider que vos réseaux Proxmox gèrent correctement les VLAN déjà utilisés dans vSphere, en configurant les ponts en mode trunk ou VLAN-aware selon les besoins. Cette étape évite les pertes de connectivité lors de la mise en production des VMs migrées.

Stockage et datastores

La configuration du stockage dans votre cluster Proxmox doit être pensée de sorte que les datastores VMware existants (VMFS, NFS, vSAN) aient des équivalents clairs dans l’architecture cible. Côté Proxmox, il s’agit le plus souvent de pools ZFS, de stockage Ceph hyperconvergé, de volumes LVM ou de répertoires partagés entre les nœuds du cluster.
​Définir ces correspondances en amont vous aidera à choisir les bons emplacements de disques lors de l’importation des VMs et à anticiper les performances ainsi que les capacités nécessaires. C’est aussi le bon moment pour profiter de la migration afin d’optimiser la taille des disques, le thin provisioning et les options de snapshots.

Gérer les dépendances applicatives

Pour les applications critiques ou héritées qui reposent sur plusieurs machines virtuelles interconnectées, regroupez les migrations par application ou par service. Migrer ensemble l’ensemble des VMs dépendantes permet de réduire les temps d’arrêt et de limiter les comportements inattendus une fois sur Proxmox.
​Planifiez ces migrations groupées pendant des fenêtres de maintenance adaptées et validez chaque ensemble applicatif avec des tests fonctionnels avant de passer à l’étape suivante.

L ’assistant d’importation VMware de Proxmox

L’assistant d’importation VMware intégré à Proxmox VE facilite désormais la migration des machines virtuelles ESXi vers des hôtes Proxmox, via une procédure graphique simple en quelques clics.

Présentation de l’assistant d’import

Depuis la fin de l’année 2024, Proxmox VE dispose d’un assistant d’importation permettant de migrer directement des VM VMware ESXi vers Proxmox, en important la configuration complète de la machine (CPU, RAM, disques, etc.).​
Pour plus de détails et de bonnes pratiques, il est recommandé de consulter le guide officiel « Migrate to Proxmox VE » qui décrit les scénarios et prérequis de migration.

Connexion à l’hôte ESXi source

  1. Dans l’interface Proxmox, allez dans Datacenter > Storage, puis cliquez sur Add.
  2. Choisissez le type ESXi, puis renseignez l’ID, l’adresse du serveur ESXi, l’utilisateur et le mot de passe adaptés à votre environnement.​
  3. Si l’hôte ESXi utilise encore un certificat auto-signé et non une PKI de confiance, cochez l’option « Skip Certificate Verification », puis validez avec Add.Une fois l’ajout terminé, le nouvel élément de stockage ESXi apparait dans la liste de stockage de votre nœud Proxmox, avec le type marqué « ESXi ».​
    En sélectionnant ce stockage ESXi dans l’arborescence de gauche, vous pouvez parcourir les datastores et visualiser les machines virtuelles disponibles à l’import.

Lancement de l’assistant d’import sur une VM

Quand vous sélectionnez une VM listée sur le stockage ESXi, le bouton Import devient disponible dans l’interface.​
En cliquant sur Import, une boîte de dialogue s’ouvre et affiche la configuration récupérée de la VM source : processeur, mémoire, nom de la VM et options de stockage cible sur le serveur Proxmox VE.​Dans cette boîte de dialogue, vous pouvez au besoin ajuster les paramètres proposés (stockage de destination, format de disque, ressources, etc.).​
Lorsque la configuration vous convient, lancez l’opération en cliquant sur le bouton Import de la boîte de dialogue.


Suivi de la conversion et résultat

L’import démarre et une tâche s’affiche dans le Task viewer, permettant de suivre l’avancement de la conversion et de détecter d’éventuelles erreurs.​
Une fois la tâche terminée avec succès, la machine virtuelle importée apparait dans l’inventaire de votre serveur Proxmox VE comme une VM native, prête à être démarrée et éventuellement optimisée (par exemple en activant VirtIO SCSI et les pilotes appropriés dans l’OS invité).

Foire aux questions (FAQ) 

Quels sont les principaux avantages de migrer de VMware vers Proxmox ? 

Les principaux avantages d’une migration de VMware vers Proxmox sont : une réduction significative des coûts de licences, l’accès natif à des fonctionnalités avancées comme la migration à chaud, la haute disponibilité et le clustering intégré, ainsi que l’appui d’une communauté open source très active

Comment me préparer à la migration ? 

Pour bien préparer la migration, il est recommandé de :
Documenter précisément la configuration actuelle de chaque machine virtuelle (CPU, RAM, disques, options de démarrage).
Vérifier la compatibilité des systèmes d’exploitation invités avec Proxmox et les pilotes VirtIO.
Cartographier en détail la configuration réseau (VLAN, groupes de ports, règles firewall).
Planifier la stratégie de stockage cible (ZFS, Ceph, LVM-thin, NFS…) afin d’assurer une transition la plus transparente possible

Quels éléments dois-je considérer durant le processus de migration  ?

Tenir compte de la compatibilité des systèmes invités, des fonctionnalités VMware spécifiques utilisées (snapshots, VMware Tools, vSwitch) et de leur équivalent ou remplacement sous Proxmox.
Vérifier la conception réseau et les impacts sur la sécurité et la segmentation.